Souffrances au travail – le samedi 12 juin 2021 – Visio-conversation

Un cartel de Brest-Quimper propose le samedi 12 juin de 10H à 12H une visio-conversation « Souffrances au travail » dans le cadre de rencontres intitulées : « Petit Branchement sur la Psychanalyse ».

Des extraits de quelques vidéos de ce Blog seront diffusés afin d’ancrer la conversation au plus près du point particulier abordé par chacun des interviewés concernant son lien au travail.

Affiche -Souffrances au travail – ACF en VLB Brest-Quimper

Burn out, harcèlement moral, absence de reconnaissance, isolement, humiliation…
Il n’y a pas la souffrance au travail mais des travailleurs qui souffrent.
Lors du prochain
Petit Branchement sur la Psychanalyse, nous converserons afin de cerner ce malaise dans la civilisation avec René Fiori, membre de l’Envers de Paris, fondateur de l’association « Souffrances au travail », dont l’interview en vidéo est sur ce Blog – ici – et Élisabeth Marion, membre de l’ACF, auteure du Blog « Les effets de la psychanalyse dans la vie professionnelle ».

Rencontre organisée par l’Association de la Cause freudienne en Val de Loire Bretagne. Inscription par mail auprès de christinechanudet.acf@orange.fr

Lien vers le site de l’ACF en VLB

René Fiori « Les souffrances au travail »

René Fiori, psychanalyste, membre de l’Envers de Paris, a fondé en l’an 2000, avec deux autres psychanalystes 

Souffrances au Travail – SAT 

Il retrace dans cet interview cette création et ce que son expérience à Souffrances au Travail lui a enseigné.

Les souffrances, les plus spectaculaires – comme à France Telecom – ou les plus discrètes, indiquent ce que représente le travail dans la vie d’un sujet.

René Fiori est le co-créateur de Radio-a. Il est l’auteur de : « Elfriede Hirschfeld – L’autre cas de Freud qui nous enseigne », éd Amazon, 2020, et de :. »Elfriede H, La Femme aux épingles : De la névrose obsessionnelle à la mélancolie », éd. Amazon, 2015.

Cette vidéo est sous-titrée en français et en espagnol. La transcription et la traduction ont été faites par René Fiori, relues par Brigitte Brossais.  

Este video tiene subtítulos en francés y en español.

Lettre de Anne GANIVET-POUMELLEC

STARTUPER, NOUVEL ORDRE MONDIAL ?

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Anne GANIVET-POUMELLEC est psychanalyste, Membre de l’École de la Cause freudienne, de l’Association Mondiale de Psychanalyse, responsable de l’institution Souffrances au travail-SAT, et membre de la FIPA : Fédération des Institution de Psychanalyse Appliquée.

Dans un entretien pour la revue Multitudes, Jacques-Alain Miller désigne le déchaînement contemporain, auquel nul n’échappe, sous le nom de ‘tsunami numérique’1.

Si nous pouvons aisément vérifier que l’ordre numérique, ainsi qualifié, secourt le capitalisme, il est plus délicat de saisir comment l’être-parlant ballotté par ce flux impétueux s’en réchappe ou y résiste, tout en s’y faisant. Deux analysants très décidés, promoteurs de start-up, ont pu éclairer cette question.

La start-up, élément nouveau dans le monde de l’entreprise, se nourrit imaginairement des astres de la Silicon Valley. Partir d’une recherche-bricolage dans un garage et terminer au firmament des valeurs boursières est un trajet qui recèle des bouffées d’ambition.

La start-up est un instrument hybride entre réalisme et utopie. D’une part, affine aux marchés financiers, elle va aller chercher une capitalisation auprès des fonds d’investissements parce qu’elle représente un pari de profit prometteur avant d’être une marchandise échangeable. En ce sens elle est le capitalisme financier comme tel. D’autre part la start-up est aussi, souvent, utopie ou en tout cas novation entre calcul et intuition.

La start-up est donc une jeune entreprise innovante à fort potentiel de développement, nécessitant un investissement important pour pouvoir financer sa croissance rapide.

L’entrepreneur de start-up est un être à part, en tant que jeune pousse, il expérimente un début dans la vie sans la moindre autonomie et passe son temps, avec d’autres comme lui, dans une ‘pépinière’, une ‘couveuse’, un ‘incubateur’ ou autre ‘accélérateur’, ces termes employés couramment dénotent une mise en culture dont on attend une récolte prometteuse, il est aussi reconnu comme celui qui prétend obtenir des moyens de paiement, il s’apercevra vite que tout son temps, son énergie seront employés à faire le beau auprès des organismes qui vont lui fournir de quoi exister comme entrepreneur.

Beaucoup de ces jeunes entrepreneurs en devenir jettent l’éponge, d’autres continuent et percent, d’autres encore vont être rachetés et amalgamés à une entreprise déjà-là ou une entreprise en devenir plus choyée par les fonds d’investissement, voire promue par les fonds à partir des expériences de création dont ils auront eu à connaître les fondamentaux.

Être startuper, c’est aussi « tout un art », dans le sens de l’artifice, il faut être capable de produire un « faire semblant » et le vendre, « fake it until you make it ». Persuader l’investisseur que preuve est faite d’une promesse. L’agilité est le trait de caractère du startuper, pouvoir pivoter, s’adapter, parfois jusqu’au point où le sentiment de perdre pied et de plonger dans la vague sans pouvoir respirer s’empare de l’être parlant.

Chacun de ces deux analysants avait connu la situation de salarié et s’y était senti à l’étroit.

Être startuper était donc une décision, pour autant rien ne prépare au quotidien d’un entrepreneur de start-up. Tony et John ont pris la décision – pour soutenir un désir qui, pour être à l’origine de leur aventure, est ensuite secoué et mis à mal – de venir en parler à un psychanalyste. John a noué sa demande d’analyse à la création de sa start-up. Tony était déjà en analyse quand ce changement professionnel s’est imposé à lui. Si pour John, l’objet s’est différencié, complexifié, ramifié et son désir s’en est trouvé raffermi, pour Tony, c’est au prix de s’en détacher que son désir a trouvé sa pente.

Créateur de start-up n’est pas le nom d’un symptôme contemporain mais se faire le nouvel homme du discours du capitalisme n’est pas sans risque. « Ce qui distingue le discours du capitalisme est ceci – la Verwerfung, le rejet en dehors de tous les champs du symbolique […] de la castration. Tout ordre, tout discours qui s’apparente du capitalisme laisse de côté ce que nous appellerons simplement les choses de l’amour »2.

Veiller à ce que les choses de l’amour – par le lien vérifié du partenaire-symptôme et la mise en jeu du semblant d’objet a qu’est l’analyste – ne soient pas laissées de côté est d’une bonne inspiration ; c’est un pari que Tony et John ont fait mais pour chacun la bifurcation est singulière.

Pour John, la création de l’entreprise est l’occasion d’une véritable fondation, d’un pacte de jouissance qui se concentre et se resserre. Pour Tony, il s’agit plutôt de desserrer, prendre une distance avec ce partenaire-symptôme qui fait le maître et du même mouvement, retrouver une agilité où les partenaires se pluralisent, ne plus être le promoteur. Tous deux continuent leur analyse3.

le 28 octobre 2020

1. Entretien avec Gilles Chatenay, Éric Laurent, Jacques-Alain Miller Le calcul du meilleur : alerte au tsunami numérique – Multitudes 2005/2 (n°21) p. 195-209.

2. Lacan J., « Je parle aux murs », Je parle aux murs, Paris, Seuil, 2011, p. 96.

3. Cet article a fait l’objet d’une parution plus détaillée dans la revue La Cause du désir n° 105. p. 73 – 78.

Véronique « Ne pas céder sur son désir… dans la grande entreprise »

Véronique est cheffe de projet dans une grande entreprise.

Dans cet interview, elle retrace son expérience du monde de l’entreprise où ainsi que l’écrit Marie-Hélène Brousse :« le capitalisme a fait du travailleur un objet du marché comme les autres objets, un gadget facilement obsolète. »( la Cause du Désir N° 99 « Travaille »)

Véronique met en valeur comment la psychanalyse lui a permis, non seulement de survivre dans ce monde impitoyable, mais aussi de ne pas céder sur son désir… et puisque le désir s’en mêle, de prendre la parole.

Anne Ganivet-Poumellec, membre de l’Ecole de la Cause freudienne et déléguée à la FIPA – Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquée – pour  Souffrance au Travail et René Fiori, membre de l’Envers-de-Paris, membre fondateur et président de Souffrances au travail, ont choisi cette vidéo pour le nouveau site de SOUFFRANCE AU TRAVAIL- SAT. 

Voici un texte écrit par Véronique :

SALARIÉ OBJET (D)ÉVALUÉ, ou quand le désir s’en mêle : prendre la parole !

« Travaillant dans une entreprise multinationale depuis de nombreuses années, j’ai vécu de l’intérieur les dégâts liés à l’évaluation et aux nouvelles méthodes de management…  LIRE LA SUITE

Lettre de Nathalie MORINIÈRE

Nathalie Morinière

EXPERTE

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Nathalie MORINIÈRE est membre de l’École de la Cause freudienne et de l’Association Mondiale de Psychanalyse

Divorcée depuis un an, Annie demande à rencontrer un psychanalyste pour tenter de traiter l’angoisse qui l’envahit et l’empêche d’assumer sa fonction de directrice d’une grande entreprise, ce qui est tout nouveau pour elle. Annie se présente comme une battante. En plein divorce, elle souhaite prendre sa revanche sur la vie, et rebondir suite au laisser-tomber de son mari. Elle veut prouver à tout le monde qu’elle est « une femme capable d’être à la hauteur de ses propres ambitions, et tel un homme d’occuper un poste de chef d’entreprise », dit-elle. Récemment recrutée par un grand groupe financier, Annie ne compte pas ses heures de travail. Son investissement professionnel lui permet « d’oublier son chagrin » et de tromper l’ennui à l’idée de se retrouver seule le soir, dans son studio. Mais c’est sans compter l’anéantissement qui la guette. Coincée dans cette spirale de devoir travailler toujours plus, et prise dans ce qui la déborde, Annie ne parvient pas à renoncer à cette position de jouissance morbide. Elle décide de se faire aider par un coach pour tenter de faire face aux impératifs financiers attendus. Mais rien n’y fait. Annie est abattue et se désespère en pensant à l’avenir. Âgée de 48 ans, elle craint de « finir comme sa mère et d’être conduite au suicide ».

L’analyse va lui permettre de nommer l’absurdité de son épuisement et l’autoriser à prendre les décisions qui lui conviennent.

Au cours d’une séance, elle dit : « je suis un espert dans le domaine ». Ce signifiant « es-pert » que je fais résonner, va inaugurer une temporalité nouvelle dans le travail de la cure. En un éclair, Annie mesure la portée de cette équivoque homophonique qui vient toucher cette part de jouissance indicible. « Es-pert » et non pas « experte », ce lapsus évocateur est propice au déchiffrage du symptôme. Annie m’explique avoir toujours souhaiter répondre au vœu de son père qui désirait avoir un fils afin qu’il puisse reprendre la relève de la ferme. Elle « s’est battue toute sa vie pour obtenir sa reconnaissance » dit-elle avec amertume. Elle garde en elle la marque de son manque d’amour et l’absence de reconnaissance de sa part, malgré tous les efforts déployés pour se faire aimer de lui. Il lui fallait ressembler à un homme pour tenter d’obtenir le regard de son père qu’elle admirait plus que tout.

Suite à cette élaboration, un rêve se produit et lui permet de dénouer ce qui, dans son inconscient, avait été refusé. Dans la scène onirique qu’elle énonce, son père est en larmes et elle ne sait que faire pour le consoler. Avec l’analyse du rêve, elle épingle le signifiant « larmes » qu’elle fait résonner : « larmes » devient « l’arme », objet phallique par excellence auquel elle-même, s’est identifiée. Par cette équivoque, elle réalise la position d’identification masculine qu’elle occupe et qui lui permet de faire exister par la voie du symptôme, le phallus imaginaire.

Ce moment-clé dans l’analyse l’autorise à accueillir sa position de femme. Dès lors, Annie ne sera plus déterminée par cet impératif surmoïque à « faire l’homme » et saura trouver les moyens nécessaires pour changer de travail et occuper un poste qui correspond à un nouveau désir : « celui de prendre soin d’elle tout en mettant en œuvre sa réelle expertise ».

Le 08 juin 2019

Sophie ‘Ne plus craindre la surprise, bien au contraire !’

Sophie est directrice associée et consultante en conseil et formation en ressources humaines

auprès des personnels de direction, encadrants et personnels de terrain, dans les secteurs de l’entreprise, associatif et public.

Dans cet interview, elle donne des exemples concrets de ce qu’a changé sa psychanalyse à son approche professionnelle.  « Avant de poser des limites à l’autre, ce que permet l’analyse, c’est de ne plus être dans le débordement de soi-même (…) et (de ce fait) d’être plus disponible à l’autre. »

« La psychanalyse, ça permet de prendre du recul dans une situation en live ! et de ne plus subir, de ne plus être pris par pleins de questions, d’angoisses… »

Sophie était invitée par René Fiori et l’Association des Psychologues Freudiens à Paris le 26 mai 2018Son intervention a été publiée dans le quatrième opuscule édité par l’Association des psychologues freudiens : « Quelle place pour la parole dans la clinique d’aujourd’hui? »  sous le titre : « Comment tu vas lui dire tout ça ? »

Photo-montage – Interview de Sophie

Cette vidéo a été tournée en décembre 2017 à Angers chez Nathalie Morinière qui soutient depuis le début ce projet d’interviews sur « l’effet de la psychanalyse… dans la vie professionnelle ». 

Patrice « Mettre de la distance »

Patrice était présent à Paris le 26 mai dernier, invité par René Fiori et l’Association des Psychologues Freudiens. Il est informaticien. Son intervention a été publiée dans le quatrième opuscule édité par l’Association des psychologues freudiens : « Quelle place pour la parole dans la clinique d’aujourd’hui ?  » ,sous le titre :

L’entreprise managériale «La perte du sens au travail».

Dans l’interview ci-dessous, il explique concrètement comment dans le monde de l’entreprise où les contraintes professionnelles peuvent être sans limites, sa psychanalyse lui a permis un allègement certain et la possibilité de « mettre de la distance ».

« Je pense que la psychanalyse apporte ça aussi, la nuance ».

Patrice Cosson m’apporte assidûment son aide efficace dans ce projet de vidéos sur l’effet de la psychanalyse dans la vie professionnelle. Il a crée ce Blog, que je trouve à la fois simple et élégant, et m’apprend à l’utiliser !