Vidéos

Lettre de Marga AURÉ

MALAISE DANS LE MONDE DU TRAVAIL

PDF

Marga Auré
Marga Auré

Marga Auré est psychanalyste, membre de l’ECF ( École de la Cause freudienne) et d’ l’AMP (Association Mondiale de Psychanalyse)

 

Travail et psychanalyse sont deux termes liés depuis l’origine. Le travail d’analyse permet que la cure évolue et se poursuive en « intention » tandis que le travail de formation et de transmission permet aussi que la psychanalyse se développe en extension et n’en finisse pas de changer les sujets, les institutions et le monde. 

Plus ou moins poussée ou courte, plus ou moins longue, ou bien dans l’urgence thérapeutique, que pouvons-nous attendre d’une analyse ? Dans la psychanalyse, il ne s’agit pas de standard ni de normalisation des individus puisque Freud depuis l’invention de sa méthode propose comme finalité de la cure d’aller avec l’anamnèse vers les détails les plus singuliers du sujet pour lui permettre d’extraire sa vérité cachée. L’écriture de cette page censurée de l’inconscient permettrait l’accès à la guérison engendrant la disparition des symptômes, de l’angoisse et de l’inhibition. Pour Freud, toute la vérité ne peut pas être extraite, ce qui aboutit « au roc » dans la trajectoire du bien-être, mais il ajoute que lorsque le sujet peut récupérer « la capacité d’aimer et de travailler », il peut se considérer comme guéri et en bonne santé. Les effets thérapeutiques d’une psychanalyse incluent donc pour Freud de récupérer la capacité de travail d’un sujet.

Aujourd’hui il existe un profond malaise dans le monde du travail. Il y a quelques années, rares étaient les sujets qui demandaient une analyse à la suite d’un malaise dans leurs milieux professionnels. Rares sont ceux qui aujourd’hui ne parlent pas, dans leur analyse, de leur souffrance au travail. Les sujets se plaignent parfois de ne pas travailler dans ce qu’ils désirent et doivent s’investir dans des domaines qu’ils désaffectent. Ils souffrent de cette déception et frustration constante. Bien plus souvent les sujets se plaignent de l’exigence, voire du harcèlement, auquel ils sont soumis par leurs cadres, ces derniers tout aussi stressés et soumis eux aussi aux mêmes pressions, à cause des commandes qu’il faut impérativement fournir dans le cadre de multinationales voraces qui veulent toujours plus de plus-value. Ils viennent eux aussi en analyse avec leur souffrance. Le Maître moderne du capital sauvage exige des individus un plus de productivité, de donner de leur temps et de leurs corps, le tout associé à un plus de consommation d’objets. Les sujets sont confrontés à l’insatiable demande du Maître moderne qui ne cesse d’avoir une réponse inefficace de la part du sujet. Parfois les idéaux du sujet redoublent cette demande moderne et se transforment en un surmoi féroce avec son impératif sadique exigeant de travailler plus encore pour satisfaire ce maître. Ils rencontrent à nouveau une immense insatisfaction due à leur volonté de bien faire et à leur désir de reconnaissance. Le monde du travail ne cesse pas de nous être hostile, ni d’être source de conflit et d’insatisfaction.

La fin d’une analyse, pour Lacan, dans son dernier enseignement, ne se réduit pas à la chute des identifications, ni à la traversée du fantasme mais il s’agit de savoir y faire avec son symptôme et d’être en mesure de s’en débrouiller. L’avancée d’une analyse peut être mesurée au bienfait obtenu par la pacification dans le monde du travail. Savoir se débrouiller avec son symptôme passe aussi par savoir domestiquer et pacifier la férocité de son surmoi et mettre les idéaux au service du désir pour qu’ils deviennent moteurs et non pas maître surmoïque qui mortifie l’action. Avec une analyse, le sujet pourra retrouver l’énergie d’aller vers son vrai désir puisqu’il découvrira sa place et sa force qui le conduira parfois même vers une reconversion.

Pour quelques autres, dans le chemin d’une analyse et du transfert, il s’agira de la découverte de l’amour pour la psychanalyse puis du désir de transmission qui les fera devenir eux-mêmes des analystes.

Marga Auré

le 6 janvier 2019

Cécile  » Désir de savoir, désir d’apprendre »

L’expérience de la psychanalyse et le travail en cartel*

ont permis à Cécile, professeure de philosophie, de se défaire d’une visée de maîtrise. Son rapport au savoir qui constituait un idéal très important a changé. Elle s’est aussi décalée du discours de l’autorité. Ainsi, elle a pu entendre « l’insolence » d’une élève comme un appel, et par là même en accuser réception.

« La psychanalyse et les cartels m’ont montré qu’il existait une autre manière de réfléchir, une autre façon d’attraper le savoir qui ne se situe pas dans la maîtrise, ce qui m’a aidé à appréhender les élèves d’une autre façon. »

* le cartel est un petit groupe de travail inventé par Jacques Lacan pour rendre  accessible et vivante l’étude de la psychanalyse.

Delphine « Le cheval, le corps et la psychanalyse »

Delphine est psychomotricienne, elle pratique la thérapie psychomotrice avec le cheval auprès d’enfants.

Dans cette vidéo, elle met en valeur un changement dû à son analyse dans son travail auprès d’enfants en SESSAD (Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile). D’une pratique classique dans un cadre thérapeutique standard, elle est passée à une pratique orientée d’abord par l’écoute des enfants, avec toujours le cheval comme partenaire numéro un. 

L’Analyse des Pratiques

C’est lors de séances d’Analyse des Pratiques (ADP) que Delphine a d’abord rencontré la psychanalyse, avant d’en faire l’expérience pour elle-même.

« Là où il y a besoin d’aller, dit-elle, c’est l’enfant qui en sait quelque chose ».

Delphine Provost s’est montrée très présente dans ce projet de vidéos. Elle est venue avec moi à Paris pour l’interview d’Annie Stammler intitulée « De la psychanalyse à l’écriture de livres pour enfants ».

 

Accès à la psychanalyse N°10

Le symptôme politique

« La cure analytique comme expérience intime ne conduit pas à se détourner du monde et de son actualité, mais invite au contraire à prendre une place dans la cité »  Dominique Carpentier, 4è de couverture

Accès à la psychanalyse est le bulletin de l’ACF-VLB, (Association de la Cause freudienne, Val de Loire & Bretagne).

L’équipe d’Accès en la personne d’Anne Brunet a interviewé Élisabeth Marion sur son expérience des vidéos, sur ce que ces rencontres, ces échanges lui ont appris. Quelle est la pertinence de la psychanalyse aujourd’hui, au XXIè siècle, dans le lien social, dans le monde du travail ? 

L’article est paru sous le titre :

Des analysants parlent sur YouTube…

des effets de leur psychanalyse dans leur vie professionnelle

Voici le sommaire de ce numéro d’Accès :

  

Quelle place pour la parole…

Quelle place pour la parole dans la clinique aujourd’hui ?

 

 

Quelle place pour la parole dans la clinique d’aujourd’hui ?

Dans ce quatrième opuscule publié par l’Association des Psychologues Freudiens vous trouverez les textes des exposés de la rencontre du 26 mai 2018 intitulée

Quelle parole dans la clinique d’aujourd’hui ?

Toutes les informations sur cette après-midi de travail et sa diffusion en audio sur le site des Psychologues Freudiens sont ici. 

Vous y trouverez trois textes présentés par des participants à ce Blog :

-le texte de l’intervention de Patrice, informaticien, « L’entreprise managériale : La perte du sens au travail ».  Voici le lien vers son interview intitulé « Mettre de la distance »

-celui de Sophie, directrice associée et consultante en conseil et formation R.H. intitulé : « Comment tu vas lui dire tout ça ?» Son interview :« Ne plus craindre la surprise, bien au contraire ! » est sur ce blog.

-et le texte de Jean-François, actuellement personnel de direction à l’Éducation nationale, intitulé : « Un fonctionnaire, ça doit fonctionner ! ». Voici le lien vers son interview : « Un appui émancipateur »

Et voici le lien vers le site des Psychologues Freudiens 

 

Alexandra « Entendre la langue de l’autre »

Alexandra est psychologue en psychiatrie secteur adultes.

Après avoir montré comment sa psychanalyse l’a conduite du théâtre où elle disait  « les mots des autres » vers la possibilité d’« habiter (ses) propres mots » …

… elle déplie très concrètement ce qui s’est passé pour elle lors d’une séance de 

contrôle analytique

où elle parlait d’une patiente avec laquelle le travail devenait difficile, mettant ainsi en valeur ce qui a opéré.

Yves « Mon vrai désir, faire de la recherche »

Yves est chercheur en acoustique

 Il explique dans cet interview comment sa psychanalyse lui a permis de prendre du recul dans son rapport aux autres, notamment dans le monde du travail, et d’ « orienter la recherche vers ce qu'(il a) vraiment envie de faire »

Avec la psychanalyse il a pu trouver la voie singulière de son désir, « avec plus de  légèreté et de plaisir »

Hors-série « La BD rose de la psychanalyse »

Suite à sa première expérience de travail en cartel, Anaëlle, éducatrice spécialisée auprès d’enfants  et art-thérapeute a écrit et illustré un petit livre : « La BD rose de la psychanalyse ».

Découverte du travail en cartel.

 Dans cette interview, outre la présentation de la BD, Anaëlle parle de sa première année de travail en cartel et de ce que cela lui a apporté. 

Anaëlle est interviewée par Roxane M. qui m’a apporté son aide précieuse à la réalisation de nombreuses vidéos.

Vous pouvez retrouver Anaëlle sur ce blog dans une vidéo intitulée Adoucir l’effroi centrée sur ce que sa psychanalyse lui a apporté dans son travail d’éducatrice auprès d’enfants.

*Le cartel est un petit groupe de travail inventé par Jacques Lacan pour rendre vivante et accessible l’étude de la psychanalyse.  

La musique de cette vidéo est une création originale de Nicolas Suet, intitulée « Brume » (2017). 

Annie Stammler « De la psychanalyse à l’écriture de livres pour enfants »

Au fil des différents livres illustrés de sa main,

Annie Stammler nous conte l’histoire de Poussiérot, petit corbeau maltraité, voleur, fugueur, et de Neigeuse, la merlette blanche, qui souffre d’être différente. Ils feront des rencontres – du Docteur Chouette… de merles chanteurs – qui leur permettront de trouver leur voie et leur voix.

Annie a travaillé comme psychiatre et psychanalyste aux hôpitaux de Paris où elle a utilisé la musique auprès d’enfants gravement malades. Elle a aussi travaillé auprès des enfants de l’Aide Sociale à l’Enfance de Paris. C’est au cours de cette riche expérience qu’elle a écrit ces livres. Ils s’adressent à la fois aux enfants et aux adultes travaillant avec eux et répondent à la question :

Que peuvent la psychanalyse et la musique pour ces enfants parfois si blessés ?

Annie Stammler est interviewée par Delphine Provost qui est psychomotricienne auprès d’enfants.

Vous pouvez retrouver sur ce Blog l’une et l’autre : Annie dans une interview  intitulée « À l’écoute des enfants », dédiée plus précisément aux effets de sa psychanalyse dans son travail de psychiatre auprès des enfants et de leurs parents. Et Delphine dans une interview intitulée « Le cheval, le corps et la psychanalyse », qui lui est consacrée, où elle explique ce que sa psychanalyse a changé dans sa pratique de la thérapie psychomotrice avec le cheval auprès des enfants.

À signaler que la musique à la mandoline qui accompagne la vidéo d’Annie est une création originale de Guillaume Miant

Brigitte « Aller vers le détail… se laisser surprendre »

« Ce que la psychanalyse m’a enseigné c’est qu’on ne sait jamais à la place de l’autre, on ne sait jamais mieux que lui. »

Dans cette vidéo, Brigitte, dit précisément comment sa psychanalyse l’a guidée dans sa pratique de psychologue auprès des enfants et des adolescents qu’elle rencontre en service éducatif ou en pédopsychiatrie.

Elle parle aussi du travail très inventif qu’elle a pu faire auprès des résidents d’une M.A.S. (Maison d’Accueil Spécialisée). 

«La psychanalyse m’a permis de rester très curieuse.»

« Faire une psychanalyse, c’est aller vers quelque chose qu’on ne connaît pas. »