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Caroline « l’Autre scène »

Caroline de Diesbach est comédienne, auteure, metteure en scène

En mars 2018, je suis allée à une soirée Théâtre et Psychanalyse initiée par l’Envers de Paris autour de la représentation de « Nouveau(x) genre(s) »une pièce écrite, mise en scène et interprétée par Caroline. Cette pièce tout à fait originale est inspirée de sa propre psychanalyse. À l’issue de la représentation, Dalila Arpin, AE de l’Ecole de la Cause freudienne, a animé une conversation autour de cette création et a permis à Caroline et moi de nous rencontrer. 

Caroline dit dans la vidéo ci-dessous comment son parcours d’analysante l’a éclairée et orientée dans sa créativité, où son désir d’artiste et de femme se conjuguent.

Danseuse, chanteuse et comédienne depuis l’âge de 17 ans, Caroline a travaillé avec des metteurs en scène de renom. Directrice artistique de la compagnie TECEM depuis 1996, metteuse en scène et auteure, son art et son désir l’ont conduite aussi dans champs social. 

Elle a inventé une manière toute singulière d’ intervenir dans les hôpitaux, accueil de jour et EHPAD. Voici le lien vers : Clown en EHPAD.

Lettre de Normand CHABOT

TOUBIB OR NOT TO BE 

Normand Chabot

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Normand Chabot est psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne et de l’Association Mondiale de Psychanalyse. Président fondateur de « parADOxes », un lieu et un lien pour les 11-25 ans – consultations psychanalytiques gratuites – ateliers CV et d’écriture.

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Paul, la quarantaine, consomme depuis l’âge de 18 ans toutes sortes de produits. Issu d’une famille en grande souffrance, il parvient à faire de longues études dans le champ médical. Je l’ai reçu en Centre spécialisé pour addictions.

Tristesse, dépression, angoisse sont les trois mots d’ordre qui le poussent à poser une demande urgente. Il est épuisé de vivre, rien ne tient. L’inconsistance épingle ce sujet au bord du gouffre : il veut tout lâcher.

L’instabilité le détermine : Paul est un médecin gravement malade, un ancien urgentiste dans l’urgence psychique et socio-professionnelle, un alcoologue alcoolique, un prescripteur toxicomane, une oreille sans voix et, enfin, une voie sans but. Le suicide lui semble une solution possible.

De ces symptômes Paul connaît le nom, les raisons et les remèdes. Il ne sait pas tout, puisqu’il consulte à tire-larigot : médecin, psychiatre, acupuncteur, ostéopathe, etc. C’est suite aux échecs thérapeutiques répétitifs, qu’il me contacte pour entamer une analyse. Paul veut un autre lieu et un autre lien, pour paraphraser Jacques-Alain Miller.

Pour Paul, il y a une tentative de chiffrer la jouissance dans le corps, de la localiser de façon précise sur la fonction d’un organe. La drogue serait ainsi une solution pour condenser la jouissance au niveau du corps.

Devrons-nous accepter l’annonce de Paul de démissionner, voire d’entreprendre une reconversion professionnelle ? Cette question est cruciale, d’autant que j’ai l’impression que le choix de devenir médecin a été sa façon, en mobilisant tout un savoir, de trouver une fonction aux organes, une raison aux comportements.

Mais Paul a la malencontreuse intuition qu’il sera pour l’éternité, la tête de Turc idéal, le souffre-douleur de l’univers. Il parcourt ainsi la France, de cures en post-cures, de cliniques en hôpitaux psychiatriques, traînant sa dépression noyée d’addictions diverses, toujours avec les mêmes difficultés relationnelles (avec les collègues, les connaissances et aussi avec les femmes).

Paul a pu me donner quelques coordonnées de ce qu’il nomme ses « graves rechutes » : ce sont les relations amoureuses avec les femmes. Lacan disait, dans ses conférences aux USA, que la psychose est une sorte de faillite de l’amour.1

Suite à une mauvaise rencontre sentimentale, Paul sera littéralement atterré, il viendra déposer en entretien son scénario, avec son invariable unhappy end.

Les séances d’analyse ont permis de contenir son désespoir, en soutenant un moi-idéal : bord subjectif qui jadis n’avait pas de limites. Avec l’appui de cet autre fiable bien que sans garantie qu’est l’analyste, Paul a pu reprendre son bâton de pèlerin – son errance est désormais cadrée – en maintenant un lien socioprofessionnel plus pacifié. Toubib il est redevenu, pratiquant à son rythme, sans trop d’attache ni de décrochage. Ce ne fût pas sans effort avec quelques conseils, ni sans l’œuvre de certains interdits. L’oxymore demeure un outil pragmatique quand le corps et la langue foutent le camp. En un mot : comment accompagner un corps déserté qui manque d’une langue pouvant le représenter ? Il faut être deux, dans ce duo singulier qui se nomme psychanalyse.

Normand Chabot 

le 20 février 2019

1 Scilicet n°6/7, 1976, p.16.

Sophie ‘Ne plus craindre la surprise, bien au contraire !’

Sophie est directrice associée et consultante en conseil et formation en ressources humaines

auprès des personnels de direction, encadrants et personnels de terrain, dans les secteurs de l’entreprise, associatif et public.

Dans cet interview, elle donne des exemples concrets de ce qu’a changé sa psychanalyse à son approche professionnelle.  « Avant de poser des limites à l’autre, ce que permet l’analyse, c’est de ne plus être dans le débordement de soi-même (…) et (de ce fait) d’être plus disponible à l’autre. »

« La psychanalyse, ça permet de prendre du recul dans une situation en live ! et de ne plus subir, de ne plus être pris par pleins de questions, d’angoisses… »

Sophie était invitée par René Fiori et l’Association des Psychologues Freudiens à Paris le 26 mai 2018. Son intervention a été publiée dans le quatrième opuscule édité par l’Association des psychologues freudiens : « Quelle place pour la parole dans la clinique d’aujourd’hui ? »  sous le titre : « Comment tu vas lui dire tout ça ? »

Photo-montage – Interview de Sophie

Lettre de Marga AURÉ

MALAISE DANS LE MONDE DU TRAVAIL

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Marga Auré
Marga Auré

Marga Auré est psychanalyste, membre de l’ECF ( École de la Cause freudienne) et d’ l’AMP (Association Mondiale de Psychanalyse)

 

Travail et psychanalyse sont deux termes liés depuis l’origine. Le travail d’analyse permet que la cure évolue et se poursuive en « intention » tandis que le travail de formation et de transmission permet aussi que la psychanalyse se développe en extension et n’en finisse pas de changer les sujets, les institutions et le monde. 

Plus ou moins poussée ou courte, plus ou moins longue, ou bien dans l’urgence thérapeutique, que pouvons-nous attendre d’une analyse ? Dans la psychanalyse, il ne s’agit pas de standard ni de normalisation des individus puisque Freud depuis l’invention de sa méthode propose comme finalité de la cure d’aller avec l’anamnèse vers les détails les plus singuliers du sujet pour lui permettre d’extraire sa vérité cachée. L’écriture de cette page censurée de l’inconscient permettrait l’accès à la guérison engendrant la disparition des symptômes, de l’angoisse et de l’inhibition. Pour Freud, toute la vérité ne peut pas être extraite, ce qui aboutit « au roc » dans la trajectoire du bien-être, mais il ajoute que lorsque le sujet peut récupérer « la capacité d’aimer et de travailler », il peut se considérer comme guéri et en bonne santé. Les effets thérapeutiques d’une psychanalyse incluent donc pour Freud de récupérer la capacité de travail d’un sujet.

Aujourd’hui il existe un profond malaise dans le monde du travail. Il y a quelques années, rares étaient les sujets qui demandaient une analyse à la suite d’un malaise dans leurs milieux professionnels. Rares sont ceux qui aujourd’hui ne parlent pas, dans leur analyse, de leur souffrance au travail. Les sujets se plaignent parfois de ne pas travailler dans ce qu’ils désirent et doivent s’investir dans des domaines qu’ils désaffectent. Ils souffrent de cette déception et frustration constante. Bien plus souvent les sujets se plaignent de l’exigence, voire du harcèlement, auquel ils sont soumis par leurs cadres, ces derniers tout aussi stressés et soumis eux aussi aux mêmes pressions, à cause des commandes qu’il faut impérativement fournir dans le cadre de multinationales voraces qui veulent toujours plus de plus-value. Ils viennent eux aussi en analyse avec leur souffrance. Le Maître moderne du capital sauvage exige des individus un plus de productivité, de donner de leur temps et de leurs corps, le tout associé à un plus de consommation d’objets. Les sujets sont confrontés à l’insatiable demande du Maître moderne qui ne cesse d’avoir une réponse inefficace de la part du sujet. Parfois les idéaux du sujet redoublent cette demande moderne et se transforment en un surmoi féroce avec son impératif sadique exigeant de travailler plus encore pour satisfaire ce maître. Ils rencontrent à nouveau une immense insatisfaction due à leur volonté de bien faire et à leur désir de reconnaissance. Le monde du travail ne cesse pas de nous être hostile, ni d’être source de conflit et d’insatisfaction.

La fin d’une analyse, pour Lacan, dans son dernier enseignement, ne se réduit pas à la chute des identifications, ni à la traversée du fantasme mais il s’agit de savoir y faire avec son symptôme et d’être en mesure de s’en débrouiller. L’avancée d’une analyse peut être mesurée au bienfait obtenu par la pacification dans le monde du travail. Savoir se débrouiller avec son symptôme passe aussi par savoir domestiquer et pacifier la férocité de son surmoi et mettre les idéaux au service du désir pour qu’ils deviennent moteurs et non pas maître surmoïque qui mortifie l’action. Avec une analyse, le sujet pourra retrouver l’énergie d’aller vers son vrai désir puisqu’il découvrira sa place et sa force qui le conduira parfois même vers une reconversion.

Pour quelques autres, dans le chemin d’une analyse et du transfert, il s’agira de la découverte de l’amour pour la psychanalyse puis du désir de transmission qui les fera devenir eux-mêmes des analystes.

Marga Auré

le 6 janvier 2019

Cécile  » Désir de savoir, désir d’apprendre »

L’expérience de la psychanalyse et le travail en cartel*

ont permis à Cécile, professeure de philosophie, de se défaire d’une visée de maîtrise. Son rapport au savoir qui constituait un idéal très important a changé. Elle s’est aussi décalée du discours de l’autorité. Ainsi, elle a pu entendre « l’insolence » d’une élève comme un appel, et par là même en accuser réception.

« La psychanalyse et les cartels m’ont montré qu’il existait une autre manière de réfléchir, une autre façon d’attraper le savoir qui ne se situe pas dans la maîtrise, ce qui m’a aidé à appréhender les élèves d’une autre façon. »

* le cartel est un petit groupe de travail inventé par Jacques Lacan pour rendre  accessible et vivante l’étude de la psychanalyse.

Delphine « Le cheval, le corps et la psychanalyse »

Delphine est psychomotricienne, elle pratique la thérapie psychomotrice avec le cheval auprès d’enfants.

Dans cette vidéo, elle met en valeur un changement dû à son analyse dans son travail auprès d’enfants en SESSAD (Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile). D’une pratique classique dans un cadre thérapeutique standard, elle est passée à une pratique orientée d’abord par l’écoute des enfants, avec toujours le cheval comme partenaire numéro un. 

L’Analyse des Pratiques

C’est lors de séances d’Analyse des Pratiques (ADP) que Delphine a d’abord rencontré la psychanalyse, avant d’en faire l’expérience pour elle-même.

« Là où il y a besoin d’aller, dit-elle, c’est l’enfant qui en sait quelque chose ».

Delphine Provost s’est montrée très présente dans ce projet de vidéos. Elle est venue avec moi à Paris pour l’interview d’Annie Stammler intitulée « De la psychanalyse à l’écriture de livres pour enfants ».

 

Accès à la psychanalyse N°10

Le symptôme politique

« La cure analytique comme expérience intime ne conduit pas à se détourner du monde et de son actualité, mais invite au contraire à prendre une place dans la cité »  Dominique Carpentier, 4è de couverture

Accès à la psychanalyse est le bulletin de l’ACF-VLB, (Association de la Cause freudienne, Val de Loire & Bretagne).

L’équipe d’Accès en la personne d’Anne Brunet a interviewé Élisabeth Marion sur son expérience des vidéos, sur ce que ces rencontres, ces échanges lui ont appris. Quelle est la pertinence de la psychanalyse aujourd’hui, au XXIè siècle, dans le lien social, dans le monde du travail ? 

L’article est paru sous le titre :

Des analysants parlent sur YouTube…

des effets de leur psychanalyse dans leur vie professionnelle

Voici le sommaire de ce numéro d’Accès :

  

Quelle place pour la parole…

Quelle place pour la parole dans la clinique aujourd’hui ?

 

 

Quelle place pour la parole dans la clinique d’aujourd’hui ?

Dans ce quatrième opuscule publié par l’Association des Psychologues Freudiens vous trouverez les textes des exposés de la rencontre du 26 mai 2018 intitulée

Quelle parole dans la clinique d’aujourd’hui ?

Toutes les informations sur cette après-midi de travail et sa diffusion en audio sur le site des Psychologues Freudiens sont ici. 

Vous y trouverez trois textes présentés par des participants à ce Blog :

-le texte de l’intervention de Patrice, informaticien, « L’entreprise managériale : La perte du sens au travail ».  Voici le lien vers son interview intitulé « Mettre de la distance »

-celui de Sophie, directrice associée et consultante en conseil et formation R.H. intitulé : « Comment tu vas lui dire tout ça ?» Son interview :« Ne plus craindre la surprise, bien au contraire ! » est sur ce blog.

-et le texte de Jean-François, actuellement personnel de direction à l’Éducation nationale, intitulé : « Un fonctionnaire, ça doit fonctionner ! ». Voici le lien vers son interview : « Un appui émancipateur »

Et voici le lien vers le site des Psychologues Freudiens 

 

Alexandra « Entendre la langue de l’autre »

Alexandra est psychologue en psychiatrie secteur adultes.

Après avoir montré comment sa psychanalyse l’a conduite du théâtre où elle disait  « les mots des autres » vers la possibilité d’« habiter (ses) propres mots » …

… elle déplie très concrètement ce qui s’est passé pour elle lors d’une séance de 

contrôle analytique

où elle parlait d’une patiente avec laquelle le travail devenait difficile, mettant ainsi en valeur ce qui a opéré.

Yves « Mon vrai désir, faire de la recherche »

Yves est chercheur en acoustique

 Il explique dans cet interview comment sa psychanalyse lui a permis de prendre du recul dans son rapport aux autres, notamment dans le monde du travail, et d’ « orienter la recherche vers ce qu'(il a) vraiment envie de faire »

Avec la psychanalyse il a pu trouver la voie singulière de son désir, « avec plus de  légèreté et de plaisir »